Méta titre : Nintendo fait face à une plainte française pour « obsolescence planifiée ».

Méta-description : Le 22 septembre 2020, l’organisation française de consommateurs UFC-Que Choisir a annoncé qu’elle poursuivait Nintendo pour obsolescence planifiée et pratique anti-consommation.

Pourquoi UFC-Que Choisir accuse Nintendo d'obsolescence programmée

Obsolescence programmée : Nintendo dans la tourmente

Suite aux menaces qui ont incité Nintendo à faire les premiers pas, l’UFC-Que Choisir passe à l’action. L’association UFC-Que Choisir dépose une plainte contre le géant japonais Nintendo. Une fois de plus, c’est la fiabilité des manettes Joy-Con qui est remise en question. Les manettes détachables du Switch rencontrent souvent un problème avec leur poignée directionnelle, ce qui les rend inutilisables. L’UFC-Que Choisir est maintenant convaincue que Nintendo est pleinement conscient du problème, sans essayer de le résoudre.

Pourquoi l’UFC-Que Choisir a déposé une plainte ?

Nintendo's Switch faces French claim of 'planned obsolescence'

L’UFC-Que Choisir est une association française de consommateurs qui compte 160 groupes locaux. L’UFC-Que Choisir défend les droits des consommateurs dans les litiges contre les entreprises. Elle milite pour des politiques publiques qui renforcent les droits des consommateurs. Elle publie un magazine appelé Que Choisir.

L’UFC-Que Choisir travaille depuis des mois sur un problème rencontré par de nombreux clients de la firme japonaise. Il s’agit du problème des contrôleurs défectueux de Switch. Depuis longtemps, les utilisateurs de la console se plaignent de dysfonctionnements. Il s’agit généralement de la perturbation du joystick directionnel après quelques mois d’utilisation, ce qui rend le Joy-Con (nom commercial des contrôleurs) presque inutilisable.

Pour rappel, en juin 2020, le président de Nintendo, Shuntaro Furukawa, a présenté ses excuses aux propriétaires de Switch pour un défaut bien connu des manettes Switch. Il a alors déclaré que la société essayait de résoudre les problèmes qui s’étaient posés.

Concernant cette plainte, elle a été déposée devant le procureur de la République de Nanterre contre Nintendo pour obsolescence programmée. Le représentant de l’association française de consommateurs UFC-Que Choisir a souligné qu’en seulement 2 jours, ils avaient recueilli plus de 5 000 témoignages. Ils ont donc commencé à demander à des experts d’étudier la question. Les spécialistes ont estimé que Joy-Con fonctionnait mal. Il y a deux raisons à cela. La première est que le circuit imprimé s’use rapidement. Et l’autre, c’est que la densité n’est pas suffisante. Cela fait que le Joy-Con accumule facilement la saleté et la poussière et provoque des défaillances.

Vente délibérée de produits défectueux

Nintendo Joy-Con

Ce n’est pas la première fois que l’UFC-Que Choisir intervient pour Nintendo. Depuis longtemps, les joueurs français de Switch se plaignent que Joy-Con est trop facile à endommager. En novembre 2019, l’UFC-Que Choisir avait mis en garde Nintendo pour qu’elle répare gratuitement les manettes défectueuses. Elle lui avait reproché de faire payer 45 euros pour leur remplacement. Elle a ensuite lancé un appel à témoignages de consommateurs inquiets. Bien que le PDG de Nintendo France ait depuis mis en place un service après-vente pour réparer gratuitement ces manettes, l’UFC n’a pas renoncé. Dans le même temps, l’UFC-Que Choisir a également indiqué que la Switch était le produit le plus vulnérable de l’année dernière.

L’UFC-Que Choisir estime que Nintendo a apporté des modifications à la conception du boîtier de la Switch il y a quelques mois. Cependant, la société n’a pas profité de cette occasion pour améliorer la Joy-Con. Nintendo devrait être conscient de ce problème. Ils pensent donc que Nintendo n’a pas fait exprès de le réparer.

L’UFC-Que Choisir a déclaré que Nintendo vend délibérément des produits qui peuvent se casser dans un délai d’un an. Il y a une raison de dire cela. Selon les statistiques de l’UFC-Que Choisir, 65 % des pannes de Joy-Con se sont produites dans l’année qui a suivi l’achat. Et la probabilité d’occurrence n’a rien à voir avec l’âge et le temps de jeu des consommateurs, même si le nombre d’heures de jeu dans une semaine est faible. Il en va de même pour les 5 heures de jeu. Selon les statistiques, 25 % des consommateurs concernés sont des joueurs avec un faible taux d’utilisation, et Joy-Con échouera toujours dans les six mois.

UFC-Que Choisir : Nintendo servira d’exemple

Nintendo Joy-Con

L’UFC-Que Choisir ne le cache pas : elle veut créer un choc électrique et « briser la spirale », selon les termes de Raphaël Bartlomé, chef du département juridique de l’UFC-Que Choisir. Selon l’association, une consommation, comme si elle était intentionnelle, serait due au fait que la panne n’est toujours pas résolue. Elle encourage les gens à acheter des manettes pour résoudre le problème le plus rapidement possible.

Le groupe japonais, l’un des trois fabricants mondiaux de consoles de jeu avec Sony et Microsoft, célèbre cette année le 35e anniversaire de son personnage mythique « Mario ». Cependant, son image risque d’être sérieusement compromise par la plainte de l’UFC-Que Choisir.

Le crime d’obsolescence programmée est récent en France. Il a été créé par la loi de 2015 sur la transition énergétique. Les peines sont lourdes, puisqu’elles peuvent aller jusqu’à deux ans de prison et 300 000 euros d’amende.

Ce n’est pas la première fois que des géants technologiques sont visés en France par des allégations d’obsolescence programmée. En février, Apple a été condamné à payer une amende de 25 millions d’euros pour avoir omis de dire aux utilisateurs d’iPhone que les mises à jour logicielles ralentissaient les anciens modèles.

L’instruction de cette plainte et la décision de justice seront donc particulièrement intéressantes à suivre.